Lundi 5 juillet 2010
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18:07
J'aime bien Comte Sponville.
J'y vois un philosophe modeste.
un compagnon accessible, ni trop bavard, ni trop silencieux.
Quelqu'un qui s'adresse à moi
tranquillement
sans emphase, qui suggère,
ne montre pas.
Pas de pornophilo chez lui.
Dans "le goût de vivre"
il y a beaucoup de questions sur la transmission, le passage.
Il renvoie à l'opposition entre la culture occidentale
culture du but et la culture orientale, faite d'impermanence.
Le passage est plus important que l'image qui s'arrête.
Tout glisse.
J'y retrouve une métaphore dont j'abuse.
Celle du toboggan qui ne se remonte pas.
Il y apporte une touche de plus.
Si l'on ne consent pas, on est entraîné et c'est bien pire.
Ce jour là, je suis posé sur une digue.
Je regarde passer mon propre véhicule.
Sauf qu'à bord, ce n'est pas moi qui pilote.
Ce sont deux de mes enfants
qui tracent leur sillage nouveau
sur ce qui est encore un peu mon véhicule.
Il y a autant de beauté que de nostalgie dans ce passage.
Cela me rappelle une mésaventure d'adolescent.
Me faisant dorer sur le gazon entourant une piscine
je vois passer ma motocylclette avec quelqu'un d'autre que moi au
guidon.
Sensation étrange de dédoublement, de vol, de perte,
comme aujourd'hui dans la tiédeur de ce soir d'été
quand je suis du regard ce navire bien réglé
se passant de mes mains pour aller son chemin.