passage et image

Publié le par Jissey.Moro

J'aime bien Comte Sponville.

J'y vois un philosophe modeste.

un compagnon accessible, ni trop bavard, ni trop silencieux.

Quelqu'un qui s'adresse à moi

tranquillement

sans emphase, qui suggère,

ne montre pas.

Pas de pornophilo chez lui.

Dans "le goût de vivre"

il y a beaucoup de questions sur la transmission, le passage.

Il  renvoie à l'opposition entre la culture occidentale

culture du but et la culture orientale, faite d'impermanence.

Le passage est plus important que l'image qui s'arrête.

Tout glisse.

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J'y retrouve une métaphore dont j'abuse.

Celle du toboggan qui ne se remonte pas.

Il y apporte une touche de plus.

Si l'on ne consent pas, on est entraîné et c'est bien pire.

Ce jour là, je suis posé sur une digue.

Je regarde passer mon propre véhicule.

Sauf qu'à bord, ce n'est pas moi qui pilote.

Ce sont deux de mes enfants

qui tracent leur sillage nouveau 

sur ce qui est encore un peu mon véhicule.

Il y a autant de beauté que de nostalgie dans ce passage.

P1110808.JPG

Cela me rappelle une mésaventure d'adolescent.

Me faisant dorer sur le gazon entourant une piscine

je vois passer ma motocylclette avec quelqu'un d'autre que moi au guidon.

Sensation étrange de dédoublement, de vol, de perte,

comme aujourd'hui dans la tiédeur de ce soir d'été

quand je suis du regard ce navire bien réglé

se passant de mes mains pour aller son chemin.

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