poetry and poetry

Publié le par Jissey.Moro

Outre la beauté tragique du fond de l'histoire de ce film de Lee Changdong,

il y a là un questionnement peut-être aussi tragique

sur la nature de l'acte poétique.

2010 03 21

La comédienne du film cherche à écrire un poème,

n'y arrive pas.

Elle ne se contente pas d'avoir une âme poétique.

Il faut qu'elle réalise un poème.

On lui a  conseillé de le faire depuis longtemps 

parce qu'elle aime les fleurs et qu'elle dit des choses bizarres.

Le poète voit et nous révèle ce que nous ne voyons pas.

sépia1

Je me suis souvent posé cette question:

Qu'est-ce qu'être poète ?

Je sais depuis longtemps que cela n'a rien avoir

avec les poésies récitées de nos enfances obligées.

J'ai lu, cherché, essayé, sinon de trouver une recette,

au moins d'ouvrir des pistes.

il me semble que les superpositions d'images,

par tâtonnements successifs,

ouvrent une voie.

Une sorte de petit génie hybride

permet d'associer plusieurs niveaux de lecture

par effet de surprise.

les petits bateaux 

Cependant l'acte poétique sonne juste.

Il étonne,  mais fait résonner au fond nous

une partie présente, jusqu'alors inconnue.

pivoines

Le poète ne sait pas toujours ce qu'il fait.

Il cherche, ou plutôt dirait Picasso, il trouve.

J'ajoute qu'il joue. Il se rend disponible au jeu des apparences,

perçoit sous les contraintes formelles des sonorités, une musique,

des couleurs, des associations, une possibilité de sens,

de préférence d'ailleurs une possibilité plurielle de significations.

Il accepte que celles-ci lui échappent.

protrait sépia-1

Il doit y avoir questionnement face à l'acte poétique

Qu'a-t-il voulu dire ?

J'ai remarqué depuis longtemps

et l'exposition récente d'Ernest Pignon Ernest

me l'a de nouveau confirmé 

que l'acte poétique abouti, réussi,

pousse à créer.

Il est contagieux.

Il donne envie de se lancer, d'essayer;

Sortir de l'anecdote, proposer un accès au monde

universel, jamais simpliste,

mais plutôt proposant une bifurcation,

comme le dirait Jorge Luis Borgès.

 

bordeaux 2010

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